Pilgrim

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Catégories: Arts et littérature, Dans les coulisses, Jouons avec les mots, Info

Avr 5
Des vacances bien peinardes...

Des vacances bien peinardes

Arrivé au camping « Les pieds dans l’eau des flots bleus » de la charmante petite station balnéaire de Saint-Thuron le Crevard, et une fois les formalités d’inscription remplies, je jetai rapidement ma tente Quechua sur l’emplacement qui m’avait été désigné. J’étais arrivé à destination en arborant fièrement la casquette et le tee-shirt « Mon Légionnaire », espérant nouer des contacts amicaux avec d’autres joueurs. Puis je m’installai à l’ombre d’un jeune pin et me plongeais dans la lecture d’un ouvrage qui m’avait été chaudement recommandé par Demodemator : « De la compréhension de l’Albanie médiévale dans la représentation des fractales », par l’éminent professeur Verna Küller. Demo avait eu la gentillesse de l’emprunter pour moi au bar-bibliothèque-supérette de Rouffiac, haut-lieu de rencontre et d’échange du village. Il m’avait précisé :
« Je crois que tu es encore un peu juste sur le sujet, et tu verras, ça pourra t’aider dans beaucoup de domaines… »
Au vu de tout ce qui était arrivé ensuite à Démo avec cette énigmatique série de dessins qui lui avaient été adressés, je ne pensais pas à une prémonition de sa part, mais j’étais prêt à utiliser ces quelques jours de repos pour tenter de trouver une explication.
J’étais plongé depuis quelques minutes dans la lecture de cet ouvrage que je ne qualifierai pas de rébarbatif ou d’hermétique, bien que les 15 premières pages de la table des matières eussent requis de ma part une concentration de chaque instant, lorsque je sentis qu’on tirait une manche de mon tee-shirt :
« Pstt ! Hé, m’sieur ! T’es qui ? »
Je levai les yeux de mon livre, croisai le regard d’un gamin d’une dizaine d’années, et répondis :
« Plait-il, jeune padawan ?
- C’est mon tonton, y voudrait savoir qui t’es sur Mon Légionnaire ! »
Il fallait en convenir : l’idée d’utiliser le tee-shirt et la casquette était une bonne idée, ça n’avait vraiment pas traîné. Je précisai au gamin :
« Mon nom est Grim… Pil grim… »
Aussitôt, il partit en courant et en hurlant :
« Tontoooon ! Le meussieur c’est Pilgriiiiiimeeeeee ! »
Quelque peu amusé, je regardais le gamin retourner vers sa famille ventre à terre, puis comme il ne se passa rien de nouveau, je me replongeais dans ma lecture. J’abordais maintenant l’introduction et les 43 pages de remerciements. Je crois que je n’avais pas autant été absorbé par ma lecture depuis « Les fondements du consumérisme au paléolithique », que m’avait déniché Bishop tout au fond de son grenier.
Au bout d’un temps que je ne saurai évaluer précisément, j’eus l’impression d’être observé. Puis j’entendis un discret râclement de gorge.
« Heu… M’sieur Pilgrim ?
- Oui, répondis-je en fermant mon livre.
- Je suis l’oncle du gamin qui est venu vous voir il y a trois heures…
Bon sang ! Déjà trois heures, il va me falloir six mois pour le finir, ce bouquin !
- Oui, effectivement, il est parti très rapidement !
- Ah ! M’sieur Pilgrim, si je m’attendais à vous voir ici ! J’ai lu tout ce que vous avez mis sur votre blog, ainsi que les articles de vos compagnons d’aventures… Tout est vraiment très intéressant et captivant…
- C’est très gentil de votre part, mais ces aventures ne sont pas…
- Ecoutez, cet après-midi, après que le gamin vous a vu, je suis allé au cybercafé du camping et j’ai imprimé tous vos articles. Ce serait vraiment un honneur si vous acceptiez de me les dédicacer… »
Ah, ben, celle-là, on ne me l’avait encore jamais faite ! Je regardais avec surprise l’homme qui se tenait en face de moi : manifestement, il ne s’agissait pas d’un canular…
« Je suppose que vous êtes également un joueur de MonLég… Peut-être voudriez-vous que j’utilise votre nom de joueur… Quel est votre pseudo ?
- Poilaupubis… J’ai trouvé que ça faisait un peu plus original qu’un pseudo à la romaine, en « us »…
- Ah ! Ça, pour être original… »
L’homme me tendit religieusement la liasse de photocopies (pétard ! ça faisait quand même une petite épaisseur !) d’une main et de l’autre son stylo. Je saisis le tout et après quelques secondes de réflexion, griffonnai une petite dédicace et signai. Puis je lui rendis le tout avec le sourire le plus affable que j’avais en stock.
Poilaupubis reprit son bien, lut les quelques mots que j’avais écrits et un sourire épanoui illumina son visage. Il relut la dédicace à haute voix :
« Pour Poilaupubis, un joueur…au poil ! Cordialement, Pilgrim. Ah ! Ah ! Ah !Excellent ! Merci, mon Pilou, c’est super sympa ! Dis-donc, au fait tu permets que je te tutoie ? Ça te dirait de venir prendre l’apéro à la caravane ? Tu connais déjà mon neveu, mais c’est ma copine qui va être contente de voir un joueur de MonLég, et pas n’importe quel joueur ! Et la tête qu’elle va faire quand elle verra la dédicace ! Tu sais, elle aussi, elle joue ! »
La première idée qui me traversa l’esprit fut « Gare au pseudo ! » et presque malgré moi, je me hasardai à demander :
« Ah bon ! Et quel est son pseudo ? Je l’ai peut-être déjà rencontrée dans un défi ou dans une course de momentum ?
- Moumoune95, mais elle ne joue pas depuis longtemps ! Allez, range ton bouquin et viens prendre l’apéro ! »
Je n’avais plus qu’à m’éxécuter. Je suivis donc Poilaupubis qui me fit traverser une partie du camping avant d’arriver à destination. Après avoir jeté un rapide coup d’œil à l’immatriculation de la voiture de Poilaupubis, je ne pus m’empêcher de remarquer :
« Tiens, tu n’es pas du Val d’Oise ? (J’avais décidé, moi aussi, de donner dans le tutoiement).
- Ben, non, pourquoi ?
- A cause de Moumoune95. Je me suis dit Moumoune, c’est un surnom et 95, c’est le département…
- C’est moi qui ai choisi le pseudo, précisa Poilaupubis avec un clin d’œil. Tu vas comprendre… Tiens assieds-toi, ajouta-t-il en me proposant une chaise. Moumoune, viens voir qui est là ! »
J’entendis marcher dans la caravane, la porte s’ouvrit et je compris aussitôt : le nombre 95 correspondait au tour de poitrine de Moumoune qu’un minuscule haut de maillot de bain ne cherchait pas vraiment à cacher…
Poilaupubis fit les présentations :
« Moumoune, j’ai invité Pilgrim pour l’apéro ! Et regarde, il m’a écrit une dédicace super-sympa !
- Salut Pil, très heureuse de faire votre connaissance ! Mon prénom, c’est Françoise, ajouta-t-elle avec un charmant sourire.
- Alors, Pil, on fait péter les roteuses ou tu préfères un rosé-pamplemousse ? J’en ai un cubi tout prêt, et les glaçons sont au frigo ! Moumoune amène les olives et les cahouettes ! »
Il faut bien avouer que la soirée fut très agréable et passa très vite. Poilaupubis (j’appris en cours de soirée que son prénom était Hervé, ou Franck, ou Philippe, en fait il s’avérait que le rosé-pamplemousse avait des effets assez nuisibles sur ma concentration) et Françoise étaient intarissables sur MonLég qu’ils ne connaissaient pourtant que depuis quelques mois. Ils me demandèrent de leur prodiguer des conseils pour améliorer leur QC et me posèrent moult questions sur les aventures des Légionnaires de la Ligue Extraordinaire :
« Et le chef, c’est vrai qu’il gueule tout le temps ?
- Et Rouffiac, c’est si paumé que ça ?
- Et le grenier de Bishop, il est bien assuré au moins ?
- Et chez Tonsanto, comment tu t’en es sorti avec Boyard ?
- Le vin de la mouffette, il fait plus de dégâts que le rosé-pamplemousse ? »
Je réussis à réaliser qu’il eût été vain de préciser à mes hôtes qu’il ne s’agissait que d’aventures fictives, j’eus été bien en peine d’ailleurs. Il devait se faire assez tard et je pris congés de Moumoune et Poilaupubis et rentrais péniblement jusqu’à ma tente, trouvant le chemin beaucoup plus long qu’à l’aller. Je m’affalai dans la tente et m’endormis profondément instantanément.

Au bout d’un temps que je n’aurai su évaluer, je fus réveillé par un bourdonnement : c’était en fait la fermeture éclair de l’entrée de ma tente qu’on actionnait.
« Eh ! Mon Pilou ? Tu dors encore ? Réveille-toi ! C’est l’heure ! »
La tête de Poilaupubis était dans mon champ de vision.
« Mmmmhhhh ! Quelle heure ? L’heure de quoi ?
- C’est six heures et demie, mon Pilou, c’est l’heure de l’usurpation !
- De quoi ?
- C’est la première fois que je peux faire une usurpation ! Faut la faire de bonne heure, sinon je vais être grillé ! Allez ! Debout ! Tu vas me donner un coup de main ! Tiens, j’ai amené mon ordinateur portable, la batterie est à fond. »
Aussitôt, Poilaupubis entra dans la tente, s’assit à côté de moi et alluma son ordinateur. Le simple fait de me redresser me rappela que j’avais certainement un peu forcé sur le liquide hier soir… Déjà, la musique reconnaissable de MonLég résonnait (un peu trop) dans mon crâne.
« Tiens ! T’as plus qu’à cliquer ! » me dit Poilaupubis en me tendant son ordi. Un rien de fierté me fit redescendre sur terre. Il ne fallait pas trop que je me loupe, sinon j’aurai vite fait de tomber du piédestal sur lequel Poilaupubis m’avait installé, bien à tort.
Je cliquai sur « jouer » : trois barres, deux barres, une barre, et cette musique lancinante…

Première question :
Pour Richard Wagner, qui était volant ?
Le Hollandais
Le Haut-Landais
Le cerf
Le poisson
Ouf ! Ça commençait gentiment ! Clic!

En argot, quel animal désigne une chemise ?
Le merlan
La colombe
La limace
L’escargot
Et c’est parti pour 28 points ! Clic !

Quel roman philosophique a été écrit par Jean-Paul Sartre et publié en 1938 ?
Le vomi
La gerbe
La nausée
Le renard
Incroyable ! Les correcteurs et les oracles ont laissé passer ça ? Clic !

Dans quel sport s’est illustré le mexicain Raúl González Rodríguez ?
Le triple saut en hauteur
La boxe en apnée
La marche athlétique
Le lancer de lapin aux pruneaux
Ah ! Un grand classique ! Clic !

Qu’est-ce qui ne peut pas être recyclé ?
Le papier
Le carton
Un fonctionnaire
Ma belle-mère
Pfff ! C’est d’une finesse… Clic !

Quelle pièce de théâtre de Marcel Pagnol est aussi le nom d’une pierre fine ?
Tourmaline
Aigue-marine
Améthyste
Topaze
Avec des questions comme ça, il n’est encore pas général, le Poilaupubis ! Clic !

Quelle proposition ne correspond pas à une créature maléfique ?
Un incube
Un démon
Une succube
Un apéricube
C’était pour viser les 90 % de réussite, ça… Clic !

Si je déguste un burek à Trogir en lisant le « Nacional », il y a de fortes chances que je sois…
Un gros menteur
En Tunisie
En Albanie
En Croatie
Tiens ! Le globe-trotter a encore frappé ! En plus, c’est pas bon de lire en mangeant… Mais là, mon p’tit père, tu m’auras pas : il se trouve que j’ai mangé un burek à Trogir, sans lire le journal… Clic !

Quelle clé ai-je le plus de chance d’utiliser avec un ordinateur ?
Une clé de sol
Une clé anglaise
Une clé USB
Une clé à cliquet
Et 12 points dans la musette, 12 ! Heureusement que je suis assez rapide… Clic !

Quelle maladie Lynda Lemay a-t-elle abordé de deux points de vue différents dans deux chansons ?
La maladie de Parkinson
La grippe A
La grippe H1N1
La maladie d’Alzheimer
Ah ! Ah ! La grippe H1N1, du point de vue du poulet ? Clic !

Quel économiste a écrit « Des principes de l’économie politique et de l’impôt » ?
David Ricardo
Adam Smith
John Maynard Keynes
Obi Wan Kenobi
Ah ! Maître Obi Wan ! Il y avait longtemps ! Pff! Aucune idée ! L’économie, c’est pas ma tasse de thé ! Je passe…
« Mets Ricardo, mon Pilou !
- T’es sûr de toi ?
- Non, mais ça me fait penser à l’apéro… »
Clic !

Quel est le titre exact de cette chanson interprétée par Pauline Carton ?
Sous les palais tu v’nais
Saoûle et pâle et tu vis eh !
Sous les pales, étuve y est
Sous les palétuviers
Si c’est pas gaspiller un assaut, ça ! Clic !

Voilà, il n’y a plus qu’à vérifier les réponses. J’ai quand même un petit doute sur Ricardo… Mais non, la chance est avec nous : douze sur douze, le score parfait et les jetons gratos et tout et tout…
« Et voilà ! dis-je à Poilaupubis. Demain, il y a de fortes chances que tu sois décurion ! »
A côté de moi, Poilaupubis était prostré, bouche bée, le regard fixé sur l’écran…
« T’as fait douze sur douze ?
- Ben tu m’as bien aidé avec l’apéro…
- Douze sur douze… »
Puis Poilaupubis sortit brusquement de sa léthargie, me serra dans ses bras et me remercia chaleureusement, en répétant comme une litanie :
« Je serai décurion… Je serai décurion… Demain, je serai décurion… »
Il éteignit son ordinateur, me remercia encore et me dit :
« Faut qu’on fête ça ! Viens manger ce midi et cet après-midi, tu viens avec nous, on va faire les animations du camping, je vais t’inscrire, c’est un peu tard, mais je connais bien le patron. Tu vas voir c’est génial ! Il y a les éliminatoires de cracher de bigorneau, avec le champion local, le concours de château de sable à mains nues, la deuxième manche de spaghetti-trampoline et l’élection de miss t-shirt mouillé, y’a même Moumoune qui participe…et la semaine prochaine…au fait tu restes combien de temps ?
- Pas assez longtemps, malheureusement…
- Alors, ne perdons pas de temps, rendez-vous à la caravane à 11 heures 30, pour l’apéro… »
Et sans me laisser le temps de répondre, il sortit de la tente avec son ordinateur sous le bras, tira la fermeture éclair et partit en trottinant et en chantant :
« Demain, je serai décurion, demain, je serai décurion… »
Je me rendormis aussitôt.
En fin de matinée, j’étais somme toute assez vaillant pour me rendre à la caravane de Poilaupubis. Dire que je fis une arrivée triomphale serait un euphémisme : il ne manquait plus que les banderoles. Il y avait une vingtaine de personnes avec Poilaupubis et Moumoune95, des connaissances du camping sans doute. Poilaupubis avança vers moi et me tapa vigoureusement sur l’épaule :
« Ah ! Mon Pilou, je ne te remercierai jamais assez ! Allez ! viens t’asseoir ! Hé ! Tout le monde ! J’vous présente Pilgrim, c’est lui qui m’a aidé à devenir décurion ! Douze sur douze qu’on a fait ! »
Ces quelques paroles déclenchèrent une salve d’applaudissements et de commentaires plus que flatteurs. Moumoune s’approcha de moi, me fit la bise et me glissa à l’oreille :
« Si je gagne le concours de t-shirt, tu passeras me voir, je te le dédicacerai… »
Chacun s’approchait doucement puis les demandes fusèrent :
« Hé, Pil, si je m’inscris, tu m’aideras pour les quiz ?
- Les spaghetti pour cet après-midi, nature ou bolognaise ?
- Pilgrim, tu pourrais donner un coup de pouce à mon fiston pour ses devoirs de vacances ?
- Tu viens dans notre équipe pour le cracher de bigorneau ?
- Hé, M’sieur Pil, faut v’nir au bungalow, j’te présenterai ma grande sœur…
- Demain, on fait un raid en pédalo sans assistance, il nous manque quelqu’un, ça te dit ?
- Pil, t’aurais pas un tuyau pour le quinté de demain ?
- Monsieur Pil, est-ce que le CAC40 va repasser rapidement au-dessus des 4500 points ?
- Pilgrim, est-ce que…
- Ta-ta-tin Ti-la-la-la-la-la la la la... France Info, il est 6 h 30, les titres de l’actualité avec… » Clic ! Ah ! Quel soulagement ! Tout cela n’était qu’un rêve ! Ça m’étonnait aussi que je parte seul …Hop ! Debout ! Les vacances commencent aujourd’hui ! Ah ! La bonne odeur du café tout prêt !
« Chéri, je t’ai préparé ton t-shirt et ta casquette MonLég !
- Euh… Réflexion faite, je vais prendre mon t-shirt Ricard et mon bob Cochonou… »

Notes aux lecteurs :

1) Malgré toutes ses précautions, l’auteur présente ses plus plates excuses à un éventuel joueur de MonLég qui aurait choisi le pseudo de Poilaupubis. Lors de la création de ce texte, ce pseudo n’existait pas.
2) Aucun bigorneau n’a été maltraité pendant cette aventure.
3) Toute ressemblance, même lointaine et/ou fortuite avec des personnages,des événements ou des circonstances existant ou ayant existé ne pourrait être qu’une sacrée coïncidence.
4) Les questions posées lors de ce quiz d’anthologie restent la propriété de l’auteur. Si quelqu’un, par ignorance ou par bravade, essayait de poser une ou des questions similaires, il serait refoulé par les correcteurs et oracles et banni du jeu. Des poursuites pourraient être engagées.
5) Non, l’auteur n’a absolument pas la grosse tête.

Avr 1
Mon client est innocent !

Mon client est innocent…
(dans tous les sens du terme…)

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Jurés,

(petit effet de manche)

Mon client est innocent ! Et je vais m’efforcer de vous le démontrer dans ma plaidoirie. Tout d’abord, n’est-ce pas faire, peut-être inconsciemment, un procès d’intention à mon client, sous prétexte de ses origines gréco-égyptienne ? N’est-ce pas déjà un délit vis-à-vis d’une certaine société de porter le patronyme de Démodème Hathor ? Ne devrait-ce pas au contraire être une fierté, dans notre beau pays ?
Attardons-nous maintenant sur les faits qui lui sont reprochés… Mon client (dont je rappelle les origines étrangères, et qui, bien que parfaitement intégré dans notre société, pourrait arguer d’une quelconque difficulté à manier la langue de Molière) a cru bon, dans un esprit potache, pour certains, ou bien avec un regard assez acerbe et somme doute assez distancié sur notre relation avec les médias pour d’autres, d’associer quelques commentaires que je qualifierai de « décalés » à des documents photographiques ou autres (dont certains sont des montages) concernant des personnalités médiatiques.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les jurés, je vous demande de bien considérer la démarche de mon client : n’avait-il pas pour première et principale prétention que de vouloir, comme on dit communément, amuser la galerie ? Ne vous y trompez pas, sous un abord que d’aucuns qualifient de vulgaire, se cache en fait une grande détresse. Il faut bien l’avouer, mon client, M. Démodème Hathor, a peur pour l’avenir, le sien et le nôtre… Le sien, car comme tous les salariés du journal Siné Hebdo, il sait que l’aventure prendra prématurément fin dans quelques semaines. Le nôtre, car à travers cette pochade diversement perçue, il apparaît qu’on a vite fait de diviser les opinions de manière assez manichéenne, même sur des sujets de peu d’importance.
Mon client s’est en fait livré à une étude du comportement dont son article a été le catalyseur volontaire. Il ne s’agissait pas tant de savoir si on n’aimait ou pas, si on tolérait ou pas, mais d’observer les manières de mettre les mots sur tel ou tel sentiment. Je ferai le parallèle avec les personnes laissant des commentaires sur l’actualité : avez-vous remarqué comme on a vite fait d’avoir un résultat récurrent et tellement prévisible ? Le clan de ceux qui sont résolument pour, le clan de ceux qui sont résolument contre et ceux qui s’en tirent avec une pirouette humoristique ?
On pourrait disserter longtemps sur le talent de mon client : c’est tellement subjectif. Ah ! Evidemment, on pourra me rétorquer que ça n’a pas l’envolée lyrique d’un « Casse-toi pauv’con ! » présidentiel ou la concision d’un « C’est un détail de l’histoire » ou encore la précision douanière d’un « Le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière ». Je vous le demande, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Jurés : où est la véritable vulgarité ?
Mon client est innocent ! Confiant jusqu’à la naïveté dans ses semblables, n’eût-il pas mieux valu qu’il attendît le jour du 1er avril ? La pilule serait-elle mieux passée ? Eût-il été encensé ? Les commentaires négatifs eussent-ils été moins vindicatifs ? Nul ne le sait et mon client n’a pas cherché la facilité. Doit-il pour autant être mis à l’index ? Ce sera bientôt à vous de juger en votre âme et conscience, Mesdames et Messieurs les jurés…
Pardon, Monsieur le Président ? Vous avez ici une enveloppe que vous souhaitez porter à ma connaissance ? Merci, Monsieur le Président !

(scritch scritch scritch)

Pour le prochain article du blog :

Pilgrim, quand il écrit, faudrait qu’il pense à poser son bâton de pèlerin pour prendre un stylo, ça serait plus agréable à lire, enfin ça pourrait peut être se lire… ch’uis même pas sûr…
(prévoir une photo, genre vieux berger buriné avec un bâton)
Le pense-bête à Demo

Ah ! L’enfoiré !

Nov 2
La Ligue des Légionnaires Extraordinaires : chapitre 4

A la demande générale de Démo, voici la suite des aventures des Légionnaires de la Ligue Extraordinaire. Comme ça faisait une assez longue coupure, j’avais pensé mettre en résumé les trois premiers chapitres in extenso, mais un bête problème de place en a décidé autrement… Quelques mots clés suffiront : Kurt Hilaire vom Baumgarten, Tonsanto, Mademoiselle Hejocko, expérimentation, ruche, alexandrins…

sous-titre : la cuite de Boyard (comme quoi, je tiens compte des commentaires…)

Boyard ne se démonta pas et expliqua :
« Je voulais juste prélever un échantillon de sol, alors qu’une bestiole n’était apparemment pas d’accord… Mais dites-moi, professeur, vous avez perdu votre accent ?
- Et votre goût pour les alexandrins ? ajoutai-je.
- Mon accent ? Des alexandrins ? Je ne comprends pas ce que vous…
- Il va falloir être un peu plus clair, professeur ! Même pour des journalistes préparant un reportage pour un quotidien lu par des enfants, il se passe des choses bizarres ici… Qu’êtes-vous aller faire dans la section 04 de votre laboratoire ? » demanda Boyard d’un ton qui ne laissait pas d’échappatoire au professeur.
Celui-ci passa sa main droite (celle qui n’était pas gantée), dans ses cheveux. Il réfléchit intensément quelques secondes, semblant peser le pour et le contre de ses éventuelles révélations puis émit un grand soupir.
« Vous avez raison, admit-il. Il se passe des choses bien étranges ici. Venez un peu à l’écart des caméras, je vais tenter de vous expliquer… »
Le professeur nous invita à faire demi-tour et nous entraîna à nouveau dans la parcelle de terre où Boyard avait eu brièvement maille à partir avec l’étrange créature que nous avait décrit Bishop grâce à la vidéo transmise par la caméra des lunettes de Boyard, avant que celles-ci ne soient happées par la bête. Effectivement, aucune caméra n’était directement orientée sur cette parcelle de la section 01.Vom Baumgarten entra le premier, marcha précautionneusement quelques pas, sortit de sa poche un appareil bizarre ressemblant à un diapason qu’il planta en terre quelques dizaines de centimètres devant lui . nouveau regard échangé avec Boyard : le marteleur !
« Il s’agit d’un pénétromètre vibratoire qui est réglé sur une fréquence permettant d’éloigner radicalement le constrictaupe, l’animal qui vous a attaqué, expliqua le professeur.
- Le constrictaupe est donc le fruit de manipulations génétiques entre une taupe et un boa ? demandai-je.
- Plus précisément entre une taupe et un python. Les expériences avec d’autres serpents constricteurs ont malheureusement tourné court, soit par incompatibilité chromosomique, soit parce que le résultat des manipulations était ingérable…
- Professeur, pourquoi nous avoir installés ici pour cette conversation ?
- A la fois pour être à l’abri des oreilles et des yeux indiscrets. Vous savez, au début, j’étais à la fois fier et ravi de travailler pour la société Tonsanto : matériel ultra-sophistiqué, crédits illimités, personnel hautement qualifié, bref le rêve pour tout scientifique comme moi…
- Mais il y a le revers de la médaille … suggéra Boyard tout en jetant discrètement un œil à l’appareil sensé tenir à l’écart le constrictaupe.
- En effet, je me suis assez vite rendu compte que mes recherches ne coïncidaient pas avec celles de Tonsanto et en quelques mois, je suis devenu leur prisonnier…
- Vous n’y allez pas un peu fort professeur ? Une prison dorée, non ?
- Non, pas du tout, je veux vraiment dire que j’étais ici comme un prisonnier. D’ailleurs le vom Baumgarten qui vous a accueilli avec son accent et son phrasé en alexandrins, ce n’était pas moi…
- Vous avez un frère jumeau ? interrogea Boyard.
- A moins qu’il ne s’agisse d’un clone ? hasardai-je.
- Vous ne croyez pas si bien dire ! La section 04 est en fait une sorte de centre de rétention dans lequel sont retenus tous ceux et toutes celles qui ne collaborent pas totalement avec Tonsanto. Grâce à l’adaptation de mes travaux, la société Tonsanto a réussi à fabriquer un clone à partir de mon ADN. La ressemblance physique est à s’y méprendre, mais il reste malgré tout quelques différences : pour celui-ci, c’est l’accent et la faculté de s’exprimer en alexandrins…
- Pour celui-ci ? l’interrompis-je. Vous voulez dire qu’il y a d’autres clones ?
- Non, un seul à la fois pour pouvoir le gérer au mieux. Mais les clones sont atteint par une maladie dégénérative foudroyante apparentée au syndrome de Hutchinson-Gilford et meurent au bout de quelques jours…
- Vous voulez dire que vos clones sont atteints de la progeria ? précisai-je.
- En effet, mais ils n’en n’ont pas conscience et moi-même je ne suis pas atteint par cette maladie, ajouta le professeur.
- Au moins le clone ne nous fera pas le coup de Benjamin Button, dit Boyard. Et maintenant, il est où, le clone ?
- Je m’en suis rendu maître et il est enfermé à ma place dans la section 04. Vu l’état de son évolution, je pense que dans un ou deux jours… C’est bizarre de parler de la disparition de quelqu’un qui est un peu vous…J’ai eu une chance inouïe de pouvoir m ‘échapper et de m’en sortir vivant, mais il me fallait encore traverser la section 03 pour pouvoir me rapprocher de la sortie…
- Qu’y a-t-il donc dans la section 03 ? demanda Boyard.
- J’espère que vous n’aurez jamais à le savoir vraiment. Sachez simplement qu’il s’agit d’un espace de conservation des expériences qui ont mal tourné. Le constrictaupe fait figure d’animal de compagnie par rapport à certaines des créatures enfermées là-bas. Il faut absolument que vous m’aidiez à détruire ce centre.» Le ton du professeur vom Baumgarten était à la fois implorant et désespéré.
J’échangeais un long regard avec Boyard. La tournure des événements était pour le moins inattendue et à vrai dire, nous dépassait un peu. Comme elle devait dépasser tous les Légionnaires présents à la ruche et qui avait écouté le professeur vom Baumgarten, car personne n’avait songé à intervenir.
Le professeur reprit :
« Attention ! Il faut agir rapidement et discrètement, car de nombreuses caméras balaient l’ensemble du secteur et les professeurs Freiz et Stonesch sont acquis à la solde de Tonsanto !
- Alors dans ce cas, mieux vaut vous faire passer pour votre clone, suggéra Boyard. Mais si vous pouviez faire l’impasse sur les alexandrins, ça me détendrait…
- Rassurez-vous, la surveillance n’est que vidéo, précisa le professeur. Venez, il me vient une idée. »
Le professeur nous invita à sortir de la parcelle pendant qu’il récupérait la partie supérieure du pénétromètre à vibrations, puis sortit prestement à son tour.
« Ca ne devrait pas tarder, chuchota-t-il. 5,4,3,2,1, top ! »
Au même moment, une petite vague de terre se dirigea en direction de la partie de l’appareil restée fichée en terre, puis le constrictaupe surgit à une vitesse incroyable de sous la terre, emportant le pied de l’appareil dans sa gueule et disparaissant tout aussi furtivement.
« L’appareil a été conçu en deux parties, afin d’assurer quelques secondes de répit en cas de retraite forcée. Il est très efficace, mais sa portée est encore trop limitée. » expliqua vom Baumgarten.
Nous marchions derrière le professeur dans une des allées principales du secteur 01. Ce fut Boyard qui rompit le silence :
« Professeur ? Puis-je savoir pourquoi votre main gauche est gantée ?
- La recherche scientifique ne va pas sans quelques petits sacrifices… » répondit énigmatiquement le professeur.
Nous arrivâmes devant une parcelle sur laquelle étaient plantés des pieds de pommes de terre, apparemment tout à fait normaux.

Vom Baumgarten commenta :
« Vous avez devant vous la première grande réussite de manipulation et de combinaison de chromosomes animaux et végétaux, et cette réussite n’est pas la mienne, mais celle de mes clones successifs.
- Des plants de patates ? s’exclama Boyard.
- En apparence, oui, mais les apparences sont trompeuses. Exploitant mes recherches sur la lutte contre la faim dans le monde, mes clones ont réussi à croiser des plants de pommes de terre avec des souris, continua le professeur.
- Ben ça devait certainement être des rattes les patates… interrompit Boyard.
- Mais pourquoi des souris ? demandai-je, interloqué.
- Vous connaissez la rapidité de reproduction de cet animal qui a vite fait de proliférer. Le croisement entre l’animal et le végétal devait permettre à l’hybride de se reproduire sous la terre tout en garantissant des récoltes abondantes…
- Et ça n’a pas marché ?
- Bien sûr que si ! Chaque pied donnait entre trois et cinq kilos de Kartomause (c’est un condensé de Kartoffel et Maus) et la production intensive devait permettre de combattre efficacement voire d’éradiquer le fléau de la faim dans le monde. Mais c’est après que les choses se sont gâtées…
- Que voulez-vous dire professeur ?
-Tout allait bien jusqu’à la phase de l’arrachage. C’est après que les problèmes sont arrivés.
Les Kartomause se laissaient difficilement éplucher et infligeaient de douloureuses morsures à ceux qui s’en chargeaient. Mais le pire était d’entendre ces cris perçants dans une cocotte-minute en cas de cuisson à la vapeur… Il faut bien l’avouer les Kartomause n’auraient jamais été une réussite commerciale. Ensuite, on m’a demandé d’améliorer les recherches… C’est ce qui m’a coûté ma main gauche…
- Comment est-ce arrivé ?
- On m’a forcé à combiner les chromosomes d’un plant de pommes de terre avec ceux d’un castor, pour encore améliorer la production et éventuellement étendre la culture à des zones très humides… Il faut préciser que, lorsqu’on commence à l’éplucher, le castor devient très peu sociable… Comme je vous l’ai dit, c’est ma contribution à la recherche scientifique… »
Le professeur se tut, perdu dans ses pensées. Boyard et moi étions sidérés par toutes ces précisions. Puis une voix dans l’oreillette, celle du chef :
« Pil, débrouillez-vous pour nous ramener un spécimen ! »

Dans l’allée, les professeurs Freiz et Stonesch venaient dans notre direction avec un flacon rempli d’un liquide rouge-violet, des gobelets en plastique transparent et un carnet à spirales que n’aurait pas renié William Sheller.
« Bon sang, c’est vrai ! C’est l’heure du test du vin de la moufette ! Il faut donner le change ! Laissez-moi faire ! »
Lorsque le professeur prononça les mots « le vin de la moufette », le regard de Boyard s’illumina. Les gars de la green team tendirent le matériel au professeur Kurt Hilaire vom Baumgarten qui leur dit :
« Merzi peaucoup ! Auchourd’hui fous êtes tispensés :
Che ferai coûter le fin à nos infités »
Les alexandrins du professeur parurent donner le change. Il me sembla même que les deux assistants du professeur avaient l’air soulagés de ne pas réaliser le test. Ils retournèrent sans poser de question à leur table de travail.

« J’m’en vais t’le faire, moi, ton test, professeur ! Toutes ces péripéties m’ont quelque peu asséché le gosier ! » déclara Boyard.
Le professeur s’apprêtait à verser un échantillon du liquide dans un gobelet quand Boyard lui saisit le flacon des mains en disant :
« Allez ! Fais pas ton pingre ! File la canette !
- Non ! Attendez ! Il ne faut pas… »
Le professeur n’eut pas le temps de terminer sa phrase : déjà Boyard avait avalé une grande rasade du « vin de la moufette ». Le professeur le regardait, les yeux exorbités, la bouche bée…
Des larmes coulèrent des yeux de Boyard en même temps qu’il commentait d’une voix faible : « Il est un peu bourru, mais au moins il a du caractère… »
Je me hasardai à goûter une lampée du breuvage : la petite gorgée dégagea une sensation désagréable de forte chaleur dans mon système digestif (j’avais l’œsophage central à plein régime), en même temps que je sentais des grosses gouttes de sueur perler à mon front.
A côté de cette mixture infâme, le spiritus apparaissait comme une boisson pour jeunes filles pré-pubères et la gnôle de ma grand-tante était un joyeux gargarisme.
Je levai les yeux vers Boyard : il était prostré, les yeux toujours larmoyants et son visage arborait une délicieuse couleur de homard en fin de cuisson. Dire qu’il transpirait à grosses gouttes était un doux euphémisme…
« Bien sûr, nous en sommes encore au stade expérimental, précisa le professeur vom Baumgarten, nous allons l’améliorer !
- Qu’est-ce que vous avez mis là-dedans ? parvins-je à articuler.
- Oh ! Il s’agit juste d’un mélange de CH3CH2OH et de C5H12S ou musc de moufette. Cette étude nous a été demandée par un pays dont je tairai le nom pour améliorer la qualité de son vin, originellement pauvre en tannin. Cet apport devrait donner du caractère au vin et lui assurer une plus grande longévité, expliqua le professeur.
- Pil ? On a dû battre le record mondial d’apnée, là . Je roulerai bien un patin à Natalia Molchanova, moi ! » souffla Boyard d’une voix rauque.
Le professeur nous indiqua un banc tout proche. Il m’aida à soutenir Boyard et à l’installer sur le banc. Je m’affalai à côté de lui, souhaitant aussi récupérer un peu et laisser passer les effets de la boisson.
« Veuillez m’excuser quelques minutes, je dois retourner auprès des professeurs Freiz et Harden, afin de vérifier si tout va bien. Surtout, ne bougez pas jusqu’à mon retour, les effets de la boisson ne se dissiperont peut-être pas tout de suite… »
Comme si nous avions envie de bouger ! L’espace d’une seconde, je me demandai si nous n’étions pas tombés dans le piège de vom Baumgarten et j’imaginais les pires effets secondaires de la boisson, mais Boyard me tira par le bras :
« Dis-donc, Pil, cette Miss Héjocko, t’aurais pas un petit faible pour elle ? Hin, hin !
-Attention, Pil, quand Boyard rit bêtement comme ça, c’est qu’il n’est pas dans son état normal, me confia Demodemator.
- Aaaahh ! il y a un colocataire dans ma tête ! gémit Boyard.
- Boyard ! Ressaisis-toi ! Flow ! hurla Sacchapus dans l’oreillette.
- Bon sang ! Ils sont combien à squatter là-dedans ? se lamenta Boyard.
- Pil ! Enlevez-lui immédiatement son oreillette ! ordonna le chef.
- Mais chef, on n’a déjà plus de liaison vidéo, et je serai le seul à avoir la liaison audio avec la ruche…
- Exécution, Pil ! Cas de force majeure ! coupa le chef.
- Mais arrêtez de hurler comme ça, ou sortez ! Appelez un exorciseur ! » implorait Boyard.
Les circonstances de notre enquête prenaient un tour qui ne me plaisait guère. Profitant de la prostration de Boyard, je lui retirai son oreillette que je cachai au fond de ma poche.
Mais déjà, Boyard revenait à la charge :
« Alors, Pil, cette Miss Héjocko, c’est quoi donc déjà son petit nom ? Hin, hin !
- Ben, je m’interroge…
- Benjamin et Georges ? Mais c’est pas des prénoms de nana, ça ! Hin, hin, hin !
- Non, Boyard, je veux juste dire que je ne connais pas son prénom…
- Attends, tu veux dire que tu fais du gringue à une nana dont tu ne connais même pas le prénom ? Pfff ! Hin, hin, hin, hin ! »
Et sans plus attendre, il se mit à fredonner :
« My lady Héjocko
What is your pretty name ?
You’ll tell me tomorrow
And you will be my fill, yes you will be my fill... Pfff ! Hin, hin, hin, hin ! »
Commençait à me chauffer le Boyard, au moins autant que la boisson du professeur vom Baumgarten, dont les effets se dissipaient sur moi contrairement à mon coéquipier.
Boyard était parti dans un fou rire qu’il ne contenait qu’avec peine. Ses épaules tressautaient à intervalles réguliers et il dodelinait de la tête en riant bêtement. Je me demandais si son comportement était vraiment dû à la mixture qu’il avait ingurgitée ou s’il ne se foutait pas de moi…

To be continued

Si…

…nos deux héros résistent aux effets du vin de la moufette…
…le contact peut être maintenu avec la ruche…
…Demo n’est pas mis hors service avec l’énigme des dessins…
…les constrictaupes ne sont pas trop agressifs…
…toi aussi tu m’abandonnes…
… Maman si, maman si tu voyais ma vie…

Oct 25
Le Sériequizz N°6

Bonjour à toutes et à tous !

Voici de quoi s‘amuser quelques minutes avec un nouveau sériequizz…

1) Ce mécontent historique attendait un pincement, mais pas au cœur
2) Attention à l’ostéoporose
3) Unis comme les doigts de la main
4) Elle est chère à Mort Shuman
5) Ferdinand était l’homme de la situation
6) Signe extérieur de richesse
7) Vous pouvez toujours aligner les bakchichs
8) Western aux relents japonais anciens
9) Ils ont intérêt à avoir de bonnes chaussures
10) Pléonasme mathématique

Pas de changement dans le règlement, donc place au jeu !

Oct 14
Sériequizz N°5

Bonjour à toutes et à tous !

Voici le cinquième quizz relatif aux séries et aux feuilletons…

Contrairement à l’opus 3, j’espère que celui-ci devrait vous tenir un petit peu plus longtemps en haleine…et au moins autant que celui proposé par Bishop !

Place aux définitions, pour des séries d’origines diverses (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Etats-Unis…) et d’époques plus ou moins lointaines…

Evidemment, quelques définitions restent très abordables, histoire de ne pas décourager d'éventuels nouveaux venus, mais 2 ou 3 sont un petit peu moins évidentes...

1) Mignonne, mais gore
2) Une moissonneuse ? un peu, beaucoup…pas du tout !
3) A l’origine, il conduisait à la potence, maintenant c’est en prison
4) Recette policière sans poulet
5) Classe de la tête aux pieds
6) Les préférées du calendrier
7) Ces lointains étrangers voudraient nous mener par le petit doigt
8) Quand je vais dire ça à mon mari !
9) Pudeur aviaire
10) Ni pute, ni soumis

Bien entendu, la course au point du gugusse reste ouverte !

Bon jeu !

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