Petit cours de Belge à l'attention de mes amis français.
Nombre de leçons prévues : autant que nécessaire.
Modalités d'évaluation : lors du prochain visu en Belgique.
Prix : 0 € par personne, TTC.
Leçon n°1 : les bases
1) Les nombres
70 = septante
90 = nonante
C’est clair et c’est net, comme clarinette. Et c’est d’ailleurs plus correct.
Vous diriez quoi si un anglais vous disait « sixty-ten » ou « eighty-ten » ? Pour vous dire, même les Hollandais et les Danois utilisent des nombres en base dix... et pourtant le Danois, on dirait du Klingon mal prononcé...
2) L’accent belge : généralités
Tous les français connaissent l’accent belge popularisé par Coluche. Il faut savoir que cet accent n’est pratiqué que par les Bruxellois (1 millions d’habitants sur les 10 millions de belges). Parmi ce million, il faut retrancher les néerlandophones (15%), la population d’origine étrangère et une bonne partie des jeunes et moins jeunes qui ont perdu leur accent. Enfin, donc bref, pour résumer, à part Michel Leeb et quelques vieux Bruxellois, plus personne ne parle ainsi en Belgique.
Il n’est d’ailleurs pas indispensable de prendre « l’accent » pour parler à un Belge. Il n’est pas mongol et comprendra aisément l’accent parisien, marseillais, toulousain ou alsacien. Il sera même apte de comprendre que si vous souhaitez le cornet de frites à un euro quatre-vingt-dix, il doit vous mettre une grande frite à un nonante et qu’il doit vous rendre dix cents (pas centimes) sur vos deux euros (voir point n°1).
3) Les accents régionaux
Il existe en fait autant d’accents belges qu’il n’y a de région (un peu comme en France).
Les principaux accents francophones (il y a aussi des accents flamands) :
- le Liégeois : ou plutôt liééééééééchois.
Accent indéfinissable. Un aperçu est disponible sur youtube, à la rubrique Daerden (notre ministre qui aime le jus de raisin fermenté).
- le Namurois : rythme plus lent, à Namuuuuuuur on aime prendre son temps, comme en Suisse dans le Valais. La spécialité namuroise, c’est l’escargot. Tout un symbole.
- le Tournaisien : écouter parler un tournaisien ou un ch’ti du ch’nord, c’est kif kif…
- le Bruselleir : alleï fieu me dis pas que t’as jamais entendu, tu me fais grimper à l’arbre ou quoi ? (l’accent de Raymond Goethals, c’était du echte* bruselleir)
* echte = véritable, voir leçon n°2.
Voilà, révisez bien, à bientôt pour une nouvelle leçon. La leçon n°2 sera consacrée au vocabulaire.
Commentaires:
C'est gai le vocabulaire belge : une mitraillette pour le dîner... mais sans chicons... je ne saurais les manger...
Bon, j'ai beaucoup séjourné à Bruxelles...
j'adore la Belgique et les bouquinistes bruxellois ;-)
Vivement la leçon 2...
Et vive Liège et ses Liégeois
anecdote amusante et véridique sur les accents : je me promène un jour dans le centre de Bruxelles et suis accosté par un Parisien pourvu d'un accent à couper au couteau (genre Marc-Olivier Fogiel, qui finit toutes ses phrases par "heu"). Le quidam me demande où se trouve le Manneken Pis....Ayant un peu de temps, je lui propose de l'y conduire et il se montre ravi....Chemin faisant, il croit amusant d'imiter l'accent belge, selon lui (en fait l'accent bruxellois) : "et aprrès j'irrai manger une frrite, une fois !" Je souris poliment et lui réponds sur un le même ton "Aucun problèm heu, on ira heu, prendre un verre heu, ensemble heu" en annonçant que je suis capable d'imiter l'accent de Paris....Le gars, furieux, m'a rétorqué que les Parisiens n'avaient aucun accent (heu) et m'a planté là (arf) préférant se perdre dans les ruelles bordant la Grand'Place plutôt que de disserter avec un connard de petit Belge...lol
Au fait savez-vous d'où provient cette déviation de la langue française relative aux nombres ?
Le français est évidemment une langue latine, et nos ancêtres linguistiques romains utilisaient bien entendu le système décimal (pensez à nos légions, avec ses centuries, décuries, ... ).
Qu'a-t-il donc bien pu arriver aux infortunés Français de France pour qu'ils trahissent ainsi le système décimal pour chosir les soixante-dix, les quatre-vingts et autres quatre-vingt-dix ?
Réponse un de ces jours...
Pour ma part, je parle le belge couramment et ce depuis que le premier Duvel est apparu sur mes joues .Chimay du coeur à le parler et ne Leffe personne dénigrer cette langue, au risque de passer à la Trappe ou pour une Bécasse. Au Ciney, Benoît Poelvoorde m'a aidé également à le pratiquer , ce que ne m'a pas permis le rugby, la Belgique n'étant pas le territoire de prédilection du ballon Orval. Avant d'être trop Affligem, je vais cesser là avec l'impatience de lire la leçon n°2.
Merci Floreffe .... oups .... Florennes
On dit également que Benoit Poelvoorde (bien écrit ?) est de Namur. mais il ne parle pas particulièrement lentement. On dit aussi que c'est à cause des vitamines qu'il prend tous le jours, parce que le show-bizz, c'est fatigant...
Depuis que je suis à Paris, et plus à Lille, je ne trouve plus de Kwatta, la seule vraie pâte à tartiner SANS CES %$£ DE NOISETTE ! Heureusement, je trouve de temps en temps du Echte Luikse Siroop, donc je continue à manger des tartines. Mais rendez-moi mon Kwatta !!
T'as déjà essayé le mélange fromage de Herve - sirop de Liège ?
Pourquoi pas le huitante ou octante ? C'est un mystère que je ne m'explique pas. Le Belge est à moitié rationnel et surréaliste. Ceci explique peut être cela.
Fromage de Herve et sirop de liège, non, pas encore. Mais c'est pas mauvais avec du maroilles, voire de la boulette d'Avesne.
Quant au Kwatta, je compte organiser un trafic frontalier, utiliser des chiens pour passer la frontière, devenir très riche et devenir belge pour payer moins d'impôts, comme notre Johnny national... Son arrivée chez vous n'est qu'une vengeance pour Adamo, Frédéric François et Franck Michael, qui sévissent chez nous depuis quelques années... ;-)
Je pense qu'il faiut ajouter ça au système en base 60 qui était bcp utilisé (pour les minutes, et bcp de civilisations écrivaient en base 60), ce qui expliquerait le fait qu'on utilise ces "bizarreries" après 60.
Je voulais déclencher une blitzkriek... brusseleir, ta culture fout le camp !
La réponse pour ce qui est de 80, c'est quoi? Quatre-vingt? Octante? Huitante?
Merci.
Sinon, la leçon deux avance bien. J'espère pouvoir peaufiner ça pour ce week-end. Le thème sera la voiture et les transports (faut bien que vous arriviez en Belgique avant d'y parler... et c'est pas gagné, surtout si vous écoutez les infos trafic).
L'histoire de la base vingt est correcte, dans des manuscrits du Moyen-Age, où les scribes utilisaient beaucoup d'abréviations pour gagner et du temps, et de l'encre, et du papier (ou du parchemin), ressources précieuses, il n'était pas rare de voir écrit VIXX pour 120, par exemple. Notre quatre-vingts s'écrivait donc IVXX. Pourquoi est-ce le seul à être resté, ça c'est une bonne question.
Pour les soixante-dix et quatre-vingt-dix de nos voisins français, c'est une question de superstition : les années 70 de je ne sais plus quel siècle ont été des années noires, du coup, pour conjurer le sort, on a fait "disparaître" ces années, et, alors que jusque là, après soixante-neuf venait, comme c'est toujours le cas en Belgique, septante, les Français ont préféré passer de soixante-neuf à soixante-dix. Même principe pour le 90.
ok doc?
Le Kwatta ne fait pas l'unanimité en Belgique. Olivier Suray, par exemple, est toujours resté fidèle au traditionnel Nutella.