Aujourd’hui, vous avez peut-être mangé la galette des Rois et sa fève. Moins probable, mais vous avez peut-être écouté cette sublime chanson d’Annie Chancel intitulée « Les Rois Mages ».
Petit rappel :
« Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger… »
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Si l’on s’en tient à la version biblique, cette petite phrase anodine comporte trois erreurs.
1) Selon la Bible, les mages n’étaient pas rois, en tout cas ce n’est pas écrit. Dans l’évangile de Matthieu, qui parle de la nativité, il est simplement écrit des « Mages venus d’Orient » , aucun nom, aucun nombre mentionné (simplement trois cadeaux).
2) La Galilée est la partie nord de la Palestine. La tradition a fait naître Jésus à Bethléem, actuelle Cisjordanie, mais à l’époque Bethléem, c’était en Judée. C’est Nazareth, village où aurait grandi Jésus, qui est en Galilée.
3) L’étoile du Berger c’est Vénus. Or selon la thèse la plus probable, ce serait une comète qui aurait été suivie par les Mages (au passage, ces mages étaient plutôt des astronomes / astrologues que des rois – à l’époque astronomie et astrologie voguaient encore de conserve).
Tiens mais pourquoi alors la tradition a-t-elle fixé à trois le nombre de mages ? Parce qu’il y avait trois cadeaux (de l’or, de la myrrhe et de l’encens) et qu’on s’est dit « bah, y’avait trois cadeaux, y’avait donc trois mages… ». Et pourquoi des rois ? Parce que les cadeaux apportés c’était super cher pour l’époque, et puis surtout, des rois ça fait plus prestigieux que des astrologues. Vous imaginez ? On vous laisse le choix pour la marraine de votre enfant : Elizabeth Tessier ou Elisabeth II…
Je laisse le soin à Yalta de nous démonter plus en détail le mythe de l’Epiphanie, je tenais juste à démonter la chanson de Sheila (malgré tout le respect que j’ai pour elle !)